« Ne t’inquiète pas pour moi » d’Alice Kuipers

Quelques jours après le 8 mars, je vous propose une lecture dédiée à toutes les mères, femmes, et filles.

Une maman et sa fille se croisent et correspondent par Post-it sur le frigo. Soucis domestiques, courses, ménage, argent de poche… mais aussi maladie de la mère, premier amour, disputes…

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Avec subtilité, Alice Kuipers aborde l’adolescence, la relation mère-fille, le divorce, la maladie, le stress quotidien… Lecture touchante et émouvante qui nous fait comprendre la fragilité de la vie et l’importance de ceux qu’on aime.

J’ai lu d’une traite ce petit roman (une grosse demi-heure). La construction est originale puisqu’elle reprend le style Post-it. Il y a des pages avec 3 lignes ou avec 15 lignes. La mère n’arrive pas à annoncer la gravité de sa maladie à sa fille, elle est plus à l’aise avec les petits mots échangés qu’avec la parole et sa fille peine à saisir tous les enjeux de la maladie. J’aurais aimé une rupture du style à un moment donné du livre (une conversation par exemple). J’ai trouvé agaçant à la fin du livre, quand il y a beaucoup d’émotions, que la correspondance continue sans discussion.

« Ne t’inquiète pas pour moi » d’Alice Kuipers, Albin Michel Jeunesse, 2008.

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« Le Dragon du Muveran » de Marc Voltenauer

J’ai choisi de lire ce livre après avoir lu la critique d’Isabelle Falconnier dans l’Hebdo. Vite, il fallait me le procurer  : imaginez ! un polar (je suis une grande fan même si je n’en lis plus beaucoup), à la sauce nordique (j’adore les auteurs scandinaves et pas seulement ceux de  polars), qui se passe en Suisse (j’ai lu tous les livres de Martin Suter, dévoré toutes les enquêtes de Maria Machiavelli…). Tout était réuni pour que je lise ce roman au plus vite… et je dois avouer que j’ai dévoré ce pavé de 661 pages en à peine deux jours.

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L’intrigue commence le 7 septembre 2012 sur un alpage à Gryon.

L’homme qui n’était pas un meurtrier se tenait sur la terrasse de son chalet d’alpage. Seul. Personne dans les environs.

Chapitre 1 : Présentation d’Andreas Auer, inspecteur de police chargé de l’enquête. Il habite à Gryon depuis 6 mois après avoir quitté la ville de Lausanne. Il a acheté un chalet avec son compagnon Mikaël Achard, journaliste indépendant.

Chapitre 2 : Présentation d’Erica Ferraud, pasteure de Gryon. Elle écrit sa prédication pour le culte du dimanche et se rend au temple pour préparer le pain, le vin et la table de communion.

Sur la table de communion, un cadavre était allongé, nu. Les bras étendus étaient perpendiculaires au corps. Les jambes, attachées ensemble à l’aide d’une corde. C’était l’image du Christ crucifié. Un homme. La cinquantaine probablement. Un énorme couteau était planté dans son coeur. Autour de la plaie, du sang séché formait comme un réseau de ruisseaux du haut de la poitrine jusqu’à son sexe. Ses yeux avaient été enlevés. Les orbites ressemblaient à deux trous noirs. A l’extrémité du couteau, une cordelette avec un morceau de papier. Andreas le détacha, après avoir pris soin de mettre des gants en plastique. Il y lut les mots suivants :

« Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres! « 

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« Zéro Déchet » de Béa Johnson et « La magie du rangement » de Marie Kondo

A force d’en entendre parler, j’ai décidé de lire ces deux ouvrages pratiques. Ce qui m’a décidé… peut-être plus la prise de conscience de la somme d’objets que nous possédons que l’envie de ranger mes armoires !

Premier conseil : empruntez ces livres, ils ne vous seront d’aucune utilité après les avoir lus !

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J’ai trouvé très intéressant les propos de Béa Johnson et son livre a eu le mérite de me donner quelques idées pour améliorer ma gestion des ressources. Premier geste : on a jeté recyclé tous nos sets de table, et hop, c’est deux fois moins de travail, il ne reste que la table à nettoyer ! je ne vais par contre par changer mes contenants en plastique (que je ne chauffe pas) pour avoir du 100% bocal en verre. Ce serait un gaspillage de ressource !  Autre chose,  j’ai sorti de ma tête l’envie d’aller « me promener » chez IKEA prochainement ! Et voilà, j’ai une liste d’idées longue et facile à mettre en place.

Je suis plus mitigée avec le livre de Marie Kondo. D’abord, sa méthode n’est pas remplir un bocal de déchet par an mais plutôt remplir 30 sacs poubelle en un jour ! C’est vrai qu’après ces objets ne sont plus dans la maison, mais je ne suis pas certaine qu’elle a une grande notion du recyclage et du développement durable. De plus, le propos est très extrémiste et je n’ai pas accroché à ses conseils. Vider mon sac à main chaque soir, le ranger et ranger son contenu. Le remercier de m’avoir accompagné durant la journée et le laisser se reposer : très peu pour moi… Je l’ai quand même lu jusqu’à la fin mais j’aurais dû m’arrêter avant !

Bon, au moins, j’ai rigolé à m’en fendre les côtes tellement ses conseils sont drôles !

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« Zéro Déchet » de Béa Johnson, Editions des Arènes, 2013.

« La magie du rangement » de Marie Kondo, Editions First, 2015.

« L’arbre du pays Toraja » de Philippe Claudel

La première question que je me suis posée c’est : « Mais de quoi parle ce livre ? ». Il suffit de lire quelques pages pour comprendre ce titre intrigant. Le peuple Toraja, en Indonésie, entretient un rapport particulier avec la mort à nos yeux d’Occidentaux. Par exemple, dans un village, le narrateur découvre un arbre majestueux qui est réservé aux sépultures des très jeunes enfants. Le petit mort est déposé dans une cavité creusée dans l’arbre et au fil des années, la chair de l’arbre se referme et l’enfant peut commencer le voyage qui le fait monter vers les cieux. S’il nous fait réfléchir sur la place accordée à la mort dans notre société,  ce livre est une ode à l’amitié et à l’amour. Il parle aussi de maladie, de souvenirs…

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C’est suite à la mort d’un ami cher que le narrateur commence à se questionner sur la mort. Mais le propos n’est pas triste, c’est un texte méditatif et lumineux qui permet la réflexion.

De nombreux passages m’ont touchée dans ce livre et j’ai eu de la peine à faire un choix. Il est rare qu’un livre suscite autant de passages dont j’aimerais garder une trace. Celui-ci en fait partie et est assurément un livre à relire.

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« Manderley for ever » de Tatiana de Rosnay

Si vous avez lu d’autres romans de Tatiana de Rosnay, vous savez certainement qu’elle est passionnée par Daphné du Maurier. Une admiration qui se traduit aujourd’hui par un roman consacré à la vie de la romancière anglaise. Bien documenté, ce livre est ponctué de courts chapitres où on se retrouve avec Tatiana de Rosnay arpentant les lieux où vécut Daphné : enfance à Londres, une année en France puis les Cornouailles dont des années lumineuses Menabilly, domaine dont elle a toujours apprécié l’atmosphère.

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Sitôt ce livre refermé, j’ai eu envie de lire quelques romans de Daphné du Maurier, dont Rebecca qui vient d’être réédité dans une nouvelle traduction. J’ai aimé la façon qu’a Tatiana de Rosnay de nous emmener de manière enthousiaste avec elle. J’ai retrouvé dans ce roman l’écriture envoûtante d »Elle s’appelait Sarah » et de « Rose ». Décidément, un écrivain que j’aime bien retrouver dans ma pile de livres !

« Manderley for ever » de Tatiana de Rosnay, Albin Michel et Héloïse d’Ormesson, 2015. 

« En finir avec Eddy Bellegueule » et « Histoire de la violence » d’Edouard Louis

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J’ai entendu Edouard Louis à la Grande Librairie à l’occasion de la sortie de son nouveau roman « Histoire de la violence ». Avant de lire son dernier roman, il m’a paru nécessaire de mieux connaître cet auteur.

 « En finir avec Eddy Bellegueule », son premier roman, a été très remarqué lors de sa sortie. Edouard Louis avait 21 ans quand il a écrit ce livre autobiographique. Il raconte son enfance et son adolescence dans un petit village de Picardie. Sobrement, il décrit l’usine qui fait travailler la majeure partie des habitants, l’alcool qui gangrène les familles, le racisme qui hante les discussions. Habilement, il dresse un portrait sociologique de la classe ouvrière dont il est issu. Progressivement, on devient témoin de violences physiques et verbales répétées à l’encontre du petit Eddy. Enfant sensible, maniéré selon sa famille, Eddy essaie par tous les moyens de ressembler aux siens. Il essaiera même de sortir avec une fille malgré qu’il a su très tôt que son attirance sexuelle était différente. Finalement, il quittera son village pour intégrer un lycée avec une filière en art dramatique à Amiens.

J’ai trouvé que Edouard Louis a su avec finesse nous faire plonger dans l’univers qui a été le sien durant toute sa jeunesse : un milieu rude, sans émotion et dénué de sensibilité. La lecture devient difficile par moments car on ne peut s’empêcher d’éprouver de l’empathie pour ce garçon. Je me pose toutefois quelques questions :  Ecrirait-il le même roman à 30 ou 40 ans ? Je pense que le titre me donne une réponse; il fallait vraiment en avoir fini avec Eddy Bellegueule, pour pouvoir commencer à être celui qu’il a toujours été. Par contre, je serai curieuse de découvrir l’analyse sociologique qu’il portera plus tard sur la classe sociale qui est tant idéalisée dans ce premier roman.

« En finir avec Eddy Bellegueule » d’Edouard Louis, Seuil, 2014. 

Deuxième coup de poing d’Edouard Louis à la lecture de son second roman. Un livre qui ne laisse pas de marbre et dont on ne ressort pas indemne. Ayant lu le premier il a peu de temps seulement, j’en reste simplement sans voix.Unknown

L’auteur nous raconte une fin de nuit de Noël qui aurait pu très mal se terminer. Un jeune homme, Reda, l’accoste dans la rue. Après quelques échanges,  il lui propose de venir chez lui. Ils passent la nuit ensemble, rigolent, discutent. Reda lui raconte son histoire et l’arrivée de son père en France depuis l’Algérie. Plus tard, les choses changent dramatiquement. Reda essaie de l’étrangler. Il le viole, il l’insulte. Il sort également un revolver. Reda quitte finalement le studio. Se sentant sali, le narrateur lave tout l’appartement, prend une longue douche, frotte, lave tout ce que Reda a touché. Il sort pour aller laver les draps. Sur conseil de ses amis, il décide de porter plainte et subit interrogatoires et visites médicales.

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« La fête d’anniversaire » de Thé Tjong-Khing

Cet après-midi, tous les animaux préparent un grand goûter d’anniversaire. Mais rien ne se passe comme prévu. Le gâteau finit par terre, les enfants ne tiennent pas en place et surtout… le collier de madame Cochon a disparu ! Qui peut bien être le voleur ?

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On peut passer de longs moments à observer, raconter les scènes de ce livre sans paroles. Dès la couverture, on remarque maman Lapin qui organise le goûter d’anniversaire, papa Chien qui termine de confectionner un magnifique gâteau, maman Cochon qui reçoit un beau collier pendant que son fils vide une boîte de peinture… On tourne les pages, on continue l’histoire et hop, on revient en arrière pour vérifier un détail, compléter notre récit…

Un bel album facétieux et amusant qui regorge de détails à partager avec ses enfants !

« La fête d’anniversaire » de Thé Tjong-Khing, Editions Autrement, 2011. 

« Le livre des débuts » d’Eugène

J’avais découvert Eugène à l’époque en lisant « La Vallée de la Jeunesse ». J’avais adoré… L’auteur avait choisi 10 objets qui lui ont fait du bien et 10 objets qui lui ont fait du mal pour se raconter à travers eux. Tiens, rien qu’en feuilletant le livre, j’ai envie d’en relire certains chapitres… C’était frais et en même temps ça sonnait comme une madeleine de Proust !

Quand j’ai entendu parler de son dernier livre « Le livre des débuts », j’ai été très intriguée et curieuse. L’auteur cette fois nous livre 11 premiers chapitres d’histoires. Ce ne sont pas des nouvelles car elles s’arrêtent toutes au moment où l’intrigue arrive à un moment décisif.

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Le lecteur fait ensuite ce qu’il veut de cette histoire, soit il imagine la suite dans sa tête, soit il prend sa plume et s’improvise écrivain, soit il laisse l’histoire là et il lit la suivante. Un concours a été organisé par les éditions « L’âge d’homme » à l’intention des lecteurs pour imaginer les fins… et je me réjouis déjà de lire « Le livre des fins »…

C’est vrai que je suis parfois restée sur ma faim à la lecture de ses débuts d’histoire, par contre, c’est un formidable tremplin pour l’imagination… et un bon exercice pour tester sa résistance à la frustration ! Il y en a pour tous les goûts.

Excellent exercice d’écriture pour des élèves du CO ou du collège !

« La vallée de la Jeunesse » d’Eugène, Editions la Joie de Lire, 2007.

« Le livre des débuts » d’Eugène, L’Age d’homme », 2015.