« Imagine » d’Aaron Becker

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« Imagine » est un livre sans texte qui invite à raconter sa propre histoire à travers de superbes planches illustrées.  Une ode au pouvoir de l’imagination !

Une petite fille s’ennuie, à la maison tout le monde est occupé à la cuisine ou par des écrans… Elle est couchée sur son lit, triste. Soudain, elle aperçoit un crayon rouge au pied du lit et l’utilise pour s’évader dans un monde imaginaire, forêt de lanternes, cité aquatique…91TzqQq5jvL

Elle aura rapidement besoin de moyens de transport pour s’évader par les flots, les airs ou se sauver in extremis d’une situation délicate.

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C’est alors qu’elle rencontre un oiseau mystérieux attrapé, enfermé et surveillé par de terrifiants gardes. Après de multiples péripéties pour tenter de le sauver et de se sauver, elle rencontrera l’amitié.

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Un magnifique album à mettre dans toutes les mains et qui montre que l’aventure est au bout du crayon.

« Imagine » d’Aaron Becker », Gautier-Langereau, 2015. 

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« Pomelo se demande » de Ramona Bàdescu et Benjamin Chaud

Pomelo c’est l’histoire d’un minuscule éléphant rose avec une très longue trompe qui se pose beaucoup de questions. Il habite sous un pissenlit et arrête de faire ce qu’il fait et se pose des questions. Illustré par Benjamin Chaud (que j’adore aussi avec « Poupoupidours »  « Une Chanson d’Ours ») et écrit par Ramona Bàdescu, ces petites histoires sont de vraies réussites. Un personnage attachant, des textes concis et pertinents, des illustrations fourmillant de détails et très colorées (on aimerait se promener dans ce potager), du rythme, de la tendresse et de l’humour, bref,  un mélange qui fait recette puisque il existe déjà une douzaine d’albums de Pomelo.

POMELOCe que je trouve intéressant avec cette série, c’est qu’elle s’adresse à un public large. On peut très bien lire ces histoires à des petits fréquentant  la crèche, utiliser ces textes courts et motivants dans le cadre de  l’apprentissage de la lecture ou encore philosopher avec des plus grands en s’inspirant des multiples réflexions de Pomelo ! Même les adultes y trouvent leur compte ! Chaque album compte trois petites histoires à lire et à relire.

« Pomelo se demande »

9782226149428Qu’est-ce qu’il ferait s’il était tout seul ?

Il se demande si lui aussi sera vieux ?

Il se demande si tout le monde rêve, même Silvio.

Par exemple, il se demande à quoi pensent les fourmis.  

« Pomelo se demande » de Ramon Bàdescu et Benjamin Chaud, Editions Albin Michel Jeunesse, 2006. 

Dans la série : « Pomelo est bien sous son pissenlit », « Pomelo est amoureux », « Pomelo rêve », « Pomelo s’en va de l’autre côté du jardin », « Pomelo voyage », « Pomelo grandit », « Pomelo et les contraires », « Pomelo et la grande aventure », « Pomelo et les couleurs », « Pomelo et les contraires », « Pomelo et l’incroyable trésor »

« Ma soeur, cette fée carabossée  » de Clément Moutiez

Clément avait sept ans lorsque ses parents décidèrent d’adopter, et qu’il rencontra pour la première fois sa petite soeur. Domitille, six semaines, trisomique. Elle a aujourd’hui vingt-six ans et a « dynamité » leur existence.

Avec humour et émotion, Clément nous fait partager leur vie de famille faite de grands questionnements et de scènes cocasses. Un récit politiquement incorrect qui respire la tolérance et l’amour fraternel.

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Rien qu’en lisant ce résumé, je savais que ce livre allait me toucher, me faire rire et me questionner. Lecture idéale de 170 pages pour reprendre le chemin de l’école en cette rentrée scolaire !

L’auteur raconte son quotidien avec cette soeur pas comme les autres. Il ne s’agit pas d’un récit chronologique ce qui rend le texte léger et dynamique. C’est un témoignage tendre raconté avec humour que nous livre le frère de Domitille.

Quelques extraits qui illustrent parfaitement le ton donné :

Constatation :

Je n’ai jamais vu autant de trisomiques que depuis que nous avons adopté ma soeur. Se cachaient-ils avant ? N’y prêtais-je pas attention? Il y a une chose qu’il faut savoir : les familles de trisomiques côtoient des familles de trisomiques, au même titre que les wags, les femmes de footballeurs, se côtoient.

Cocasse :

« Tu me passes ton papa?

-Oui, je vais chéché, il picole dans la kave.

-…

Papa, papa, téléphone ! »

Evidemment, un enfant trisomique ne s’exprime pas très bien. Certains phrasés s’approchent de ceux du mec bourré, ce qui peut faire surgir de jolis quiproquos.

Mon père passe beaucoup de temps dans la cave à « bricoler » et pour beaucoup d’interlocuteurs téléphoniques qui ont eu la chance d’avoir ma soeur en ligne, mon père devait se coller de sacrées cuites, en solitaire, dans les tréfonds de la maison.

Questionnement :

Je voudrais te réserver une chambre à la maison. T’intégrer à ma vie, à la vie que j’aurai construite avec ma femme et mes enfants. Mais avant, il faut que j’en parle, pas à mes enfants – ils ne sont pas encore là- mais à ma femme, celle qui j’espère sera toujours là quand la question se posera. Je sens que ça lui fait peur. Qu’elle a du mal à se projeter. Elle préfère parler décor que triso en ce qui concerne l’avenir. Pourtant dès le début, je lui en ai parlé, de ce problème.

Clément Moutiez aborde des thèmes très différents : l’amour et la sexualité, le regard des autres, l’acceptation ou le rejet par les proches, l’avenir professionnel des trisomiques, les institutions, la surprotection de sa mère, les soucis de santé, l’autonomie, la recherche de ses vrais parents…

 Si le style de l’écriture ne m’a pas toujours convaincu, le contenu m’a touchée et a enrichi mon regard sur ce handicap.

« Ma soeur, cette fée carabossée », de Clément Moutiez, Carnets Nord, Editions Montparnasse, 2016.