« Aujourd’hui dans le désordre » de Guillaume Rihs

A Genève, Louise et son frère Eudes jouissent d’un bel appartement de famille. Ne sachant que faire de toutes ces pièces, ils les « prêtent » à des voyageurs intéressés par le biais d’un site associatif de routards et espèrent ainsi faire de belles rencontres.

Victoria, jeune Anglaise en quête d’aventures, est la première arrivée. Passionnée par le projet Gorski (manifeste sur la décroissance), elle aura tout le temps d’exposer ses idées car une tempête de neige oblige les occupants de l’appartement à y rester. Arrivent deux étudiantes Neuchâteloises, une Américaine venue travailler en Suisse, leur frère Anselme… et ce n’est pas fini ! Tout ce joli monde devra s’organiser et réfléchir ensemble car les intempéries continuent…

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Jonglant avec des réflexions sur le monde actuel, l’auteur nous emmène facilement dans un univers fantaisiste et gai ! Je me suis amusée pendant cette lecture mais j’avoue que j’ai sauté quelques pages ennuyeuses et des dialogues inutiles.

Un jeune auteur prometteur qui signe un premier roman réussi qui a d’ailleurs reçu le Prix des écrivains genevois.

« Aujourd’hui dans le désordre » de Guillaume Rihs, Kero, 2016. 

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« Le Dragon du Muveran » de Marc Voltenauer

J’ai choisi de lire ce livre après avoir lu la critique d’Isabelle Falconnier dans l’Hebdo. Vite, il fallait me le procurer  : imaginez ! un polar (je suis une grande fan même si je n’en lis plus beaucoup), à la sauce nordique (j’adore les auteurs scandinaves et pas seulement ceux de  polars), qui se passe en Suisse (j’ai lu tous les livres de Martin Suter, dévoré toutes les enquêtes de Maria Machiavelli…). Tout était réuni pour que je lise ce roman au plus vite… et je dois avouer que j’ai dévoré ce pavé de 661 pages en à peine deux jours.

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L’intrigue commence le 7 septembre 2012 sur un alpage à Gryon.

L’homme qui n’était pas un meurtrier se tenait sur la terrasse de son chalet d’alpage. Seul. Personne dans les environs.

Chapitre 1 : Présentation d’Andreas Auer, inspecteur de police chargé de l’enquête. Il habite à Gryon depuis 6 mois après avoir quitté la ville de Lausanne. Il a acheté un chalet avec son compagnon Mikaël Achard, journaliste indépendant.

Chapitre 2 : Présentation d’Erica Ferraud, pasteure de Gryon. Elle écrit sa prédication pour le culte du dimanche et se rend au temple pour préparer le pain, le vin et la table de communion.

Sur la table de communion, un cadavre était allongé, nu. Les bras étendus étaient perpendiculaires au corps. Les jambes, attachées ensemble à l’aide d’une corde. C’était l’image du Christ crucifié. Un homme. La cinquantaine probablement. Un énorme couteau était planté dans son coeur. Autour de la plaie, du sang séché formait comme un réseau de ruisseaux du haut de la poitrine jusqu’à son sexe. Ses yeux avaient été enlevés. Les orbites ressemblaient à deux trous noirs. A l’extrémité du couteau, une cordelette avec un morceau de papier. Andreas le détacha, après avoir pris soin de mettre des gants en plastique. Il y lut les mots suivants :

« Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres! « 

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« Le livre des débuts » d’Eugène

J’avais découvert Eugène à l’époque en lisant « La Vallée de la Jeunesse ». J’avais adoré… L’auteur avait choisi 10 objets qui lui ont fait du bien et 10 objets qui lui ont fait du mal pour se raconter à travers eux. Tiens, rien qu’en feuilletant le livre, j’ai envie d’en relire certains chapitres… C’était frais et en même temps ça sonnait comme une madeleine de Proust !

Quand j’ai entendu parler de son dernier livre « Le livre des débuts », j’ai été très intriguée et curieuse. L’auteur cette fois nous livre 11 premiers chapitres d’histoires. Ce ne sont pas des nouvelles car elles s’arrêtent toutes au moment où l’intrigue arrive à un moment décisif.

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Le lecteur fait ensuite ce qu’il veut de cette histoire, soit il imagine la suite dans sa tête, soit il prend sa plume et s’improvise écrivain, soit il laisse l’histoire là et il lit la suivante. Un concours a été organisé par les éditions « L’âge d’homme » à l’intention des lecteurs pour imaginer les fins… et je me réjouis déjà de lire « Le livre des fins »…

C’est vrai que je suis parfois restée sur ma faim à la lecture de ses débuts d’histoire, par contre, c’est un formidable tremplin pour l’imagination… et un bon exercice pour tester sa résistance à la frustration ! Il y en a pour tous les goûts.

Excellent exercice d’écriture pour des élèves du CO ou du collège !

« La vallée de la Jeunesse » d’Eugène, Editions la Joie de Lire, 2007.

« Le livre des débuts » d’Eugène, L’Age d’homme », 2015. 

Bilan de lecture 2015

Je vous souhaite à tous une bonne année 2016, ponctuée de lectures fascinantes, de découvertes magiques et de bonheur partagé !

Comme chaque année, je fais un petit bilan des livres lus tout au long de l’année. Une bonne soixantaine de romans ont fait mon bonheur en 2015. Je dois admettre que je lis quand même moins depuis que mes enfants occupent bien mon temps libre… Par contre, je ne compte pas le nombre d’albums jeunesse qu’ils m’ont fait découvrir ! De belles histoires pleines d’humour, des illustrations épatantes, des BD sans paroles (dont l’intégrale des « Petit Poilu » !), des livres pop-up, des imagiers interactifs ou surprenants… Bref, une panoplie de livres divers qu’ il faut absolument que je chronique en 2016 ! J’ai aussi adoré me plonger dans la lecture de romans jeunesse pour enfants sachant bien lire et adolescents, j’ai pu ainsi offrir de belles histoires à mes nièces et filleuls et leur conseiller quelques lectures intéressantes !

Petite liste de mes coups de coeur en 2015 :

La série la plus décapante : « La trilogie des Neshov » d’Anne B. Ragde, éditions 10/18, 2013.

La meilleure ambiance : « Amours  » de Leonor de Recondo, Sabine Wespieser éditeur, 2015.

Le meilleur premier roman : « Je me suis tue » de Mathieu Menegaux, Grasset, 2015.

Le plus historico-érotique : « Héloïse, ouille !  » de Jean Teulé, Julliard, 2015.

Le plus poignant : « Bilqiss » de Saphia Azzeddine, Stock, 2015.

Le meilleur suisse : « Monsieur K » de Marc Michel-Amadry, Editions Héloïse d’Ormesson, 2015.

Le plus lumineux : « Otages intimes » de Jeanne Benameur, Actes Sud, 2015.

Le plus déjanté : « Quand le diable sortit de la salle de bains » de Sophie Divry, Les éditions Noir sur Blanc, 2015. 

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« J’ai tué papa » de Mélanie Richoz

Antoine, né le 3 . 3 . 2003, aime le chiffre trois. A la maison il y a trois personnes, maman, papa et lui. Tous les lundis matins, Antoine tue son papa au petit-déjeuner. C’est leur blague avec son papa quand celui-ci annonce : « Et encore une semaine à tuer, Antoine ! « . Semaine après semaine, ils font la même blague car Antoine aime la répétition et apprécie de savoir quand il faut rigoler. Mais ce matin-là, papa ne se relève pas.

J’aime bien blaguer…et j’aime bien que les blagues soient toujours les mêmes; comme ça je sais exactement à quel moment rigoler. Et surtout comme ça,  je sais qu’il s’agit d’une blague.

Nous découvrons ensuite le quotidien d’Antoine, jeune atteint de trouble du spectre de l’autisme, les questionnements de sa maman et les pensées de son papa dans le coma.

Moi qui ai de la peine à supporter le regard d’une seule personne, j’ai perdu les pédales (« perdre les pédales » est une expression qui signifie « paniquer »; parce que non, je ne faisais pas du vélo dans le réfectoire. Je déteste le vélo).

Ce livre sonne très juste et dresse un portrait touchant de ce jeune garçon. C’est intéressant car Antoine est un autiste de haut niveau et il a appris et arrive à expliquer ce qu’il ressent. A l’image de Josef Schovanec, qui est cité en début de livre, il éclaire les personnes ordinaires sur ce qui se passe dans la tête de toutes les personnes extra-ordinaires. On peut mesurer alors les obstacles qui se présentent à toutes les personnes atteintes du spectre de l’autisme et pour lesquelles, il est difficile de communiquer.

Je recommande évidemment ce livre à tous les enseignants qui accueillent un enfant atteint du spectre de l’autisme dans sa classe mais aussi aux ados qui en côtoient dans leur classe et au grand public car il est temps de mieux connaître l’autisme.

« J’ai tué papa » de Mélanie Richoz, Editions Slatkine, 2015.

blog

Source : blog des Editions Slatkine

Sur le même sujet : 

  • « Le Petit Prince cannibale » de Françoise Lefèvre, Actes Sud, 2005.
  • « Le bizarre incident du chien pendant la nuit » de Mark Haddon, Pocket, 2005.
  • « Je suis né un jour bleu » de Daniel Tammet, J’ai lu, 2009.
  • « Ma vie d’autiste » de Temple Grandin, Odile Jacob, 1999.

Daniel Tammet et Temple Grandin sont des autistes de haut niveau. Leur témoignage est magnifique.