« L’arbre du pays Toraja » de Philippe Claudel

La première question que je me suis posée c’est : « Mais de quoi parle ce livre ? ». Il suffit de lire quelques pages pour comprendre ce titre intrigant. Le peuple Toraja, en Indonésie, entretient un rapport particulier avec la mort à nos yeux d’Occidentaux. Par exemple, dans un village, le narrateur découvre un arbre majestueux qui est réservé aux sépultures des très jeunes enfants. Le petit mort est déposé dans une cavité creusée dans l’arbre et au fil des années, la chair de l’arbre se referme et l’enfant peut commencer le voyage qui le fait monter vers les cieux. S’il nous fait réfléchir sur la place accordée à la mort dans notre société,  ce livre est une ode à l’amitié et à l’amour. Il parle aussi de maladie, de souvenirs…

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C’est suite à la mort d’un ami cher que le narrateur commence à se questionner sur la mort. Mais le propos n’est pas triste, c’est un texte méditatif et lumineux qui permet la réflexion.

De nombreux passages m’ont touchée dans ce livre et j’ai eu de la peine à faire un choix. Il est rare qu’un livre suscite autant de passages dont j’aimerais garder une trace. Celui-ci en fait partie et est assurément un livre à relire.

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« Manderley for ever » de Tatiana de Rosnay

Si vous avez lu d’autres romans de Tatiana de Rosnay, vous savez certainement qu’elle est passionnée par Daphné du Maurier. Une admiration qui se traduit aujourd’hui par un roman consacré à la vie de la romancière anglaise. Bien documenté, ce livre est ponctué de courts chapitres où on se retrouve avec Tatiana de Rosnay arpentant les lieux où vécut Daphné : enfance à Londres, une année en France puis les Cornouailles dont des années lumineuses Menabilly, domaine dont elle a toujours apprécié l’atmosphère.

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Sitôt ce livre refermé, j’ai eu envie de lire quelques romans de Daphné du Maurier, dont Rebecca qui vient d’être réédité dans une nouvelle traduction. J’ai aimé la façon qu’a Tatiana de Rosnay de nous emmener de manière enthousiaste avec elle. J’ai retrouvé dans ce roman l’écriture envoûtante d »Elle s’appelait Sarah » et de « Rose ». Décidément, un écrivain que j’aime bien retrouver dans ma pile de livres !

« Manderley for ever » de Tatiana de Rosnay, Albin Michel et Héloïse d’Ormesson, 2015. 

« Le livre des débuts » d’Eugène

J’avais découvert Eugène à l’époque en lisant « La Vallée de la Jeunesse ». J’avais adoré… L’auteur avait choisi 10 objets qui lui ont fait du bien et 10 objets qui lui ont fait du mal pour se raconter à travers eux. Tiens, rien qu’en feuilletant le livre, j’ai envie d’en relire certains chapitres… C’était frais et en même temps ça sonnait comme une madeleine de Proust !

Quand j’ai entendu parler de son dernier livre « Le livre des débuts », j’ai été très intriguée et curieuse. L’auteur cette fois nous livre 11 premiers chapitres d’histoires. Ce ne sont pas des nouvelles car elles s’arrêtent toutes au moment où l’intrigue arrive à un moment décisif.

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Le lecteur fait ensuite ce qu’il veut de cette histoire, soit il imagine la suite dans sa tête, soit il prend sa plume et s’improvise écrivain, soit il laisse l’histoire là et il lit la suivante. Un concours a été organisé par les éditions « L’âge d’homme » à l’intention des lecteurs pour imaginer les fins… et je me réjouis déjà de lire « Le livre des fins »…

C’est vrai que je suis parfois restée sur ma faim à la lecture de ses débuts d’histoire, par contre, c’est un formidable tremplin pour l’imagination… et un bon exercice pour tester sa résistance à la frustration ! Il y en a pour tous les goûts.

Excellent exercice d’écriture pour des élèves du CO ou du collège !

« La vallée de la Jeunesse » d’Eugène, Editions la Joie de Lire, 2007.

« Le livre des débuts » d’Eugène, L’Age d’homme », 2015.