« Paul à Québec » de Michel Rabagliati

C’est dans une émission radiophonique (il me semble que c’était « La librairie francophone ») que j’ai entendu parler de cette série (Paul à la campagne, Paul a un travail d’été, Paul dans le métro, Paul à la pêche…). J’ai tout de suite été séduite et je me suis vite procuré deux albums. Cet automne, un film tiré de la BD « Paul à Québec » est sorti au Canada…

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C’est l’histoire de Paul et de sa belle-famille, les Beaulieu. Son épouse, Lucie a deux soeurs, Monique et Suzanne qui aiment se retrouver en famille chez les parents Roland et Lisette. C’est toujours de joyeuses retrouvailles animées par les petits-enfants, enfants et grands-parents. Un matin en allant aux WC, Paul surprend son beau-père en train de s’habiller et remarque qu’il a comme un tatouage sur le bas-ventre. En rentrant, son épouse lui dit son étonnement de recevoir 1000$ de son père. Ce n’est que quelque temps plus tard que Lucie apprend par Suzanne que leur père a un cancer de la prostate et qu’il garde ça pour lui. Le tatouage et le gros billet prennent alors tout leur sens.

Cette BD raconte très justement les moments difficiles de la maladie à ses différentes étapes, elle n’épargne pas le lecteur avec les choix à faire en fin de vie. Chaque membre de la famille réagit différemment et la façon de vivre la mort de son grand-père par Rose est très touchante.

Une belle leçon de vie qui célèbre la manière de dire adieu à ceux qu’on aime… Un livre touchant et émouvant qui raconte simplement la vie.

C’est très amusant car je lis cette BD avec l’accent du Québec quand je lis dans ma tête mais je serais bien incapable de reproduire ces charmantes intonations à voix haute. Les expressions typiques aident aussi à se sentir au coeur du Québec et me rappellent un voyage lointain :

Tire la plogue, on le rebranchera demain !  »

Paul ? Viens-tu marcher avec nous autres ?

Te cherches-tu une jobine ? Livrer des commandes en bicycle, ça te tente-tu ?…

Je suis certaine qu’avec ces quelques exemples vous êtes déjà sous le charme des québécois… J’ai aussi lu « Paul au parc », le style est aussi sympa, par contre j’ai été moins attirée par le thème principal : le scoutisme…

« Paul à Québec » de Michel Rabagliati, La Pastèque, 2009.

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« Shola et les lions » / « Shola et la tante d’Amérique » de Bernardo Atxaga

Shola n’est pas une chienne comme les autres, elle parle, elle lit et n’en fait qu’à sa tête !

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Source : site Ricochet

Dans Shola et les lions, elle est persuadée d’être la descendante directe du roi de la savane. Son maître, monsieur Grogo reçoit un jour un ami qui lui raconte avec beaucoup de détails et d’enthousiasme son voyage en Afrique. Shola se reconnaît dans la description du lion : fort, puissant, noble et se demande pourquoi son maître l’appelle toujours « petite chienne ratière ». A partir de ce moment, elle refuse les balades avec son maître car les lions sont paresseux et ne se lèvent que pour se nourrir…, elle ne veut plus aller au parc mais à la forêt, elle attaque les pigeons pour affirmer sa puissance, elle se teint le poil en blond… Un jour,  elle refuse le steack hâché préparé par son maître et part à la chasse… Sera-t-elle toujours persuadée d’être un lion après son aventure ?

Un moment après, elle s’enfonçait dans la forêt, pardon, dans le parc qui était à deux pas de la maison. « Et maintenant, à la chasse !  » se dit-elle. mais si le dire était une chose, le faire en était une autre. Entre dire et faire, il y a une marge, comme on dit, et cette marge – dans le cas de Shola – semblait assez grande. On ne voyait rien dans le parc. Pas un seul canard, pas une seule petite vieille, pas un seul misérable pigeon. La nuit avait fait fuir tout le monde.

Dans Shola et la tante d’Amérique, on découvre une petite chienne qui se qualifie d’animal  libre. Libre de faire ce qu’elle veut, quand elle veut, avec qui elle veut… et qui déclare aimer le bazar ! Son maître, monsieur Grogo l’informe qu’il va recevoir Clémentine, sa tante d’Amérique. Shola est inquiète, est-ce que l’arrivée de cette nouvelle personne va bousculer ses habitudes et restreindre sa liberté ?

Quant à Shola, elle se trouvait dans le salon; plus précisément, sur une étagère de la bibliothèque du salon; et plus précisément encore, sur la plus haute étagère de la bibliothèque du salon. De là-haut, elle avait un aperçu de l’état général de la maison. Etat général qui, de toute évidence, était épouvantable.

A la lecture de ces deux romans jeunesse, j’ai beaucoup souri. Le récit est ironique et plein d’humour. Shola est une chienne attendrissante mais également exaspérante… Ces livres peuvent aussi amener une réflexion plus poussée. Le premier par rapport à l’apparence, le regard des autres, l’estime de soi… le second, autour de la liberté, de celles des autres et du compromis nécessaire pour bien vivre ensemble. Et leur lecture pourrait bien alimenter un débat autour de la cohabitation et de l’individualité de chacun des membres… et pourquoi pas débloquer une situation conflictuelle ?  Ils sont joliment illustrés par Mikel Valverde.

« Shola et les lions » de Bernardo Atxaga, Editions la Joie de lire, 2015. 

« Shola et la tante d’Amérique » de Bernardo Atxaga, Editions la Joie de lire, 2015.